Rédaction de contenu accessible : texte alternatif, titres et bases du langage clair

Les bases de la rédaction de contenu accessible : rédiger un texte alternatif, structurer ses titres pour les lecteurs d'écran, écrire en langage clair. Checklist incluse.

Un livre ouvert au centre dont les pages se dissolvent en ondes sonores et en points en relief, évoquant une rédaction de contenu accessible que l'on peut lire, entendre et toucher.

Qu'est-ce que la rédaction de contenu accessible, et pourquoi est-elle importante ?

Rédiger un contenu accessible, c'est créer des textes, des images et une structure que les personnes en situation de handicap peuvent percevoir et comprendre, y compris avec un lecteur d'écran. Ses principes de base : des textes alternatifs concis, des titres logiques et un langage clair. Ensemble, ils rendent aussi le contenu plus lisible pour tous les lecteurs.

Illustration de la rédaction de contenu accessible : une page web clairement structurée envoie des rubans de lumière vers un auditeur muni d'un casque, un lecteur avec une loupe et une personne sur son téléphone.

Qui en profite

L'accessibilité web est souvent associée aux utilisateurs aveugles, mais le public concerné est plus large :

  • Les utilisateurs de lecteurs d'écran, qui entendent le contenu lu à voix haute et passent d'un titre ou d'un lien à l'autre.
  • Les personnes malvoyantes, qui peuvent agrandir le texte ou utiliser des réglages à fort contraste.
  • Les lecteurs ayant des troubles cognitifs ou des troubles d'apprentissage, qui ont besoin de formulations claires et d'un ordre prévisible.
  • Les lecteurs sourds ou malentendants, qui dépendent du texte pour ce que l'audio transmettrait.
  • Tous les autres : les personnes dont le français n'est pas la langue maternelle, celles qui ont une connexion lente et tous ceux qui parcourent un contenu en vitesse sur leur téléphone.

Comment les trois pratiques se complètent

Chaque habitude couvre une couche différente. Le texte alternatif donne du sens aux images quand on ne peut pas les voir. Les titres offrent à la page un plan navigable, pour que les lecteurs trouvent ce qu'ils cherchent sans tout lire. Le langage clair rend les mots à l'intérieur de cette structure faciles à comprendre.

Si l'on en retire une, les autres perdent en force. Une page bien organisée mais pleine de jargon exclut encore des lecteurs, et une prose claire sous des titres vagues est difficile à parcourir.

Rédiger un texte alternatif : décrire la fonction, pas les pixels

Le texte alternatif est une courte description écrite d'une image, ajoutée dans l'attribut `alt` de celle-ci. Les lecteurs d'écran l'énoncent à voix haute, et il s'affiche à la place de l'image si le fichier ne se charge pas. Les personnes aveugles ou malvoyantes en dépendent le plus, mais il aide aussi toute personne ayant une connexion lente.

Un bon texte alternatif décrit la fonction, pas les pixels. Demandez-vous quel rôle joue l'image dans la page, puis écrivez ce qu'un lecteur perdrait sans elle.

Comment l'écrire

  • Transmettez le sens en contexte. La même photo d'une personne peut demander un nom dans un annuaire du personnel, et une action dans un article d'actualité.
  • Restez concis. Une courte expression ou une phrase suffit généralement. Beaucoup de rédacteurs visent la formulation la plus brève qui transmet quand même l'essentiel.
  • Évitez « image de » et « photo de ». Les lecteurs d'écran annoncent déjà la présence d'une image.
  • Ne répétez pas le texte voisin. Si la légende indique qui figure sur l'image, le texte alternatif doit ajouter ce que la légende omet.

Un exemple rapide

Faible : « Image d'un graphique avec une courbe qui monte. »

Mieux : « Les inscriptions mensuelles ont progressé régulièrement après le lancement de juin. »

La seconde version énonce l'idée de l'image au lieu de dresser la liste de ses caractéristiques visuelles. Rédigez vos descriptions d'images pour un lecteur qui a besoin du message, pas d'un inventaire.

Images décoratives, fonctionnelles et complexes : que faut-il écrire ?

Toutes les images n'ont pas besoin d'une description. Le bon choix dépend de ce que fait l'image.

Images décoratives

Les images purement décoratives, comme un trait de séparation ou une photo d'illustration qui crée une ambiance sans apporter d'information, doivent avoir un texte alternatif vide (`alt=""`). Les lecteurs d'écran les ignorent alors, au lieu de lire du bruit inutile.

Images fonctionnelles

Si une image est un bouton ou un lien, décrivez l'action, pas l'image. Une icône de loupe qui lance une recherche appelle « Rechercher », pas « loupe ». Un logo qui renvoie à l'accueil pourrait dire « Accueil ».

Graphiques et schémas

Gardez le texte alternatif court et indiquez ce que montre le graphique, par exemple « Histogramme des inscriptions mensuelles, 2023 ». Placez ensuite le détail complet dans le texte voisin : un résumé de la tendance ou un tableau de données. Renvoyez-y depuis le texte alternatif si cela peut aider.

Comment structurer les titres pour les lecteurs d'écran et les lecteurs pressés ?

Structurez les titres comme un plan imbriqué : un seul titre de premier niveau, puis des sections, puis des sous-sections. Les utilisateurs de lecteurs d'écran affichent souvent la liste des titres ou passent de l'un à l'autre. Une hiérarchie claire leur permet d'aller droit à ce dont ils ont besoin. Les lecteurs qui parcourent la page en diagonale s'appuient visuellement sur le même plan.

Un escalier de bandes de papier imbriquées illustre une hiérarchie de titres claire, avec un pointeur qui descend d'une large bande supérieure à travers des niveaux de plus en plus en retrait.

Les règles pour un plan solide

  • Utilisez un seul titre de premier niveau. Le H1 est le titre de la page. Tout le reste se place en dessous.
  • Ne sautez pas de niveaux. Un H2 doit être suivi d'un H3, pas d'un H4. Les trous laissent penser qu'il manque du contenu et brisent le plan.
  • Rédigez des titres descriptifs. « Délais de remboursement » indique au lecteur où il se trouve. « Plus d'informations » non, surtout quand on l'entend hors contexte dans une liste de titres.
  • Utilisez les titres pour la structure, pas pour l'apparence. Ne choisissez pas un H4 parce qu'il est petit, et ne mettez pas une ligne en gras pour simuler un titre. Les lecteurs d'écran ne l'annonceront pas comme tel. Réglez plutôt la taille et la graisse avec des styles.

Un test rapide

Lisez uniquement vos titres. Résument-ils la page dans l'ordre ? Si le plan est confus, les lecteurs auront aussi du mal.

Gardez des titres courts, et ne les utilisez pas pour découper un simple paragraphe.

Intitulés de liens et listes compréhensibles hors contexte

Les utilisateurs de lecteurs d'écran affichent souvent la liste de tous les liens d'une page. Hors contexte, « cliquez ici » ou « en savoir plus » devient une suite d'éléments identiques et dénués de sens.

Un intitulé de lien descriptif indique où mène le lien, même lorsqu'on l'entend isolément. Comparez :

  • Faible : « Pour voir nos tarifs, cliquez ici. »
  • Mieux : « Consultez nos formules tarifaires. »

Évitez les URL brutes et les liens « en savoir plus » répétés. Placez les mots clés à l'intérieur du lien, pas autour.

Utilisez de vraies listes et des paragraphes courts

Utilisez de véritables listes à puces ou numérotées, pas des tirets saisis à la main. Les technologies d'assistance annoncent une vraie liste et son nombre d'éléments, de sorte que les lecteurs savent à quoi s'attendre.

Limitez les paragraphes à quelques phrases, chacun développant une seule idée. Les blocs courts sont plus faciles à parcourir, plus faciles à naviguer et moins fatigants pour tout le monde.

Les bases du langage clair : phrases courtes, mots courants, ordre limpide

Le langage clair consiste à écrire de façon que les lecteurs comprennent votre message dès la première lecture. Il ne s'agit pas de simplifier à l'excès, mais de retirer les obstacles qui n'ont rien à voir avec vos idées.

Les techniques essentielles

  • Commencez par l'essentiel. Placez d'abord la réponse, la décision ou l'action, puis ajoutez les détails. Celui qui s'arrête après une phrase a quand même l'essentiel.
  • Employez des mots familiers. Écrivez « utiliser » plutôt que « mettre en œuvre l'utilisation de » et « commencer » plutôt que « entamer la phase initiale de ».
  • Privilégiez la voix active. « Envoyez le formulaire avant vendredi » est plus clair que « Le formulaire doit être envoyé avant vendredi ».
  • Gardez des phrases ciblées. Visez une idée par phrase. Si une phrase demande plusieurs virgules, scindez-la.
  • Expliquez le jargon inévitable. Si un terme technique est nécessaire, définissez-le dès sa première apparition.
  • Développez les abréviations à la première occurrence. Écrivez une fois « Règles pour l'accessibilité des contenus Web (WCAG) », puis utilisez la forme courte.

Qui en profite

Les lecteurs ayant des troubles cognitifs ou des troubles d'apprentissage gagnent en ordre prévisible et ont moins d'éléments à retenir. Les personnes dont le français n'est pas la langue maternelle rencontrent moins d'expressions idiomatiques et de mots rares à déchiffrer. Les lecteurs pressés trouvent rapidement l'essentiel.

Une bonne lisibilité aide aussi les utilisateurs de lecteurs d'écran, qui entendent le texte phrase après phrase et ne peuvent pas facilement jeter un coup d'œil en avant.

Une liste de vérification pratique avant de publier

Utilisez cette liste de contrôle d'accessibilité pour une dernière relecture, dans l'ordre, avant de publier.

  1. Texte alternatif : chaque image porteuse de sens a-t-elle une courte description de sa fonction ? Les images décoratives sont-elles laissées vides, et chaque graphique a-t-il une description plus longue à proximité ?
  2. Titres : y a-t-il un seul titre de premier niveau, sans niveau sauté ? Chaque titre décrit-il la section qui suit ?
  3. Liens : chaque lien a-t-il du sens lu isolément ? Remplacez « cliquez ici » par la destination ou l'action.
  4. Listes et paragraphes : les listes sont-elles de vraies listes, et les paragraphes sont-ils courts ?
  5. Langage clair : chaque section commence-t-elle par son point essentiel ? Le jargon est-il défini et les abréviations développées à la première occurrence ?

Effectuez ensuite deux vérifications rapides :

  • Examinez le plan de la page ou la liste des titres. S'il se lit comme une table des matières cohérente, la structure est probablement solide.
  • Écoutez la page avec un lecteur d'écran, ou au moins parcourez les liens avec la touche de tabulation.

Considérez ces vérifications comme des pistes pour corriger les problèmes, et non comme la preuve d'une conformité complète.

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